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MARCEL PROUST, AMATEUR
DE THEATROPHONE
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Le 21 février 1911, il écrit à son ami Reynaldo Hahn : "J'ai entendu hier au théâtrophone un acte des Maîtres Chanteurs [...] et ce soir... tout Pelleas" (X-250). Comme le note Philippe Kolb,
éditeur de la Correspondance, cet abonnement de Proust paraît
lié à une nouvelle campagne promotionnelle du théâtrophone. Il cite
une annonce parue dans le Tout Paris de 1911 : La mauvaise qualité de la transmission n'empêche pas Proust de se faire le propagandiste du système. En 1912, il recommande à une de ses correspondantes, Mme Strauss, de souscrire au service : "Si vous êtes demain soir chez vous, vous devriez demander le théâtrophone. On donne à l'Opéra la charmante Gwendoline". (XI-294). En 1913, il revient à la charge
auprès de la même Mme Strauss : Commentant cette lettre dans son ouvrage Proust au miroir de sa correspondance, Luc Fraisse remarque que "le théâtrophone n'est pas seulement un épisode anecdotique dans sa vie. [...]. L'abonné mélomane aperçoit dans ce procédé moderne un symbole de sa condition d'écrivain. [...] Abolissant la distance de l'absence, le théâtrophone ressemble à l'écriture selon Proust, en ce qu'il restitue à sa manière une musique retrouvée, un temps retrouvé. Il recrée en outre un chant intérieur, cette mélodie intime dont, à l'image de Vinteuil, tout artiste est habité. Ainsi, le véritable théâtrophone de Proust, c'est son imagination." Il n'était pas étonnant que, quelques années plus tard, Proust s'intéresse également aux perspectives ouvertes par les travaux sur la vision à distance. Nous y reviendrons.
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FRAISSE, L., Proust au miroir de sa correspondance, Editions SEDES, s.l., 1996. PROUST, M., Correspondance, Texte établi, présenté et annoté par Philip Kolb, tomes 10, 11 et 12, Plon, Paris, 1983-1984. Le théâtrophone de Clément Ader (1881) Les écrivains et le théâtrophone
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Histoire
de la télévision © A.
Lange |
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