ANTHOLOGIE DES PREMIERS TEXTES 
SUR LA TELEVISION


Octave UZANNE et A. ROBIDA, "La fin des livres", 
in Contes pour les bibliophiles
Ancienne Maison Quantin,
Librairies-Imprimeries Réunies, May et Motteroz, Paris, 1894.
Gr. in-8° , IV-231 p., fig., pl. en noir et en coul., couv. ill. en coul.


 

  Deux bibliophiles écrivent pour leurs pairs

  Publié en 1895 dans le recueil Contes pour les bibliophiles d'Octave Uzanne et A. Robida, le récit "La fin des livres" est moins connu que le Vingtième siècle d'Albert Robida paru douze ans plus tôt. 

   Nous avons déjà présenté Albert Robida (1848-1926), illustrateur et romancier, visionnaire de vingt ans le cadet de Jules Verne, moins célébré que celui-ci et pourtant bien plus perspicace dans sa vision du vingtième siècle, en particulier en ce qui concerne les technologies de communication et leurs usages sociaux. 

    Octave Uzanne (1852-1931), journaliste et essayiste, qui signe parfois sous le pseudonyme de "La Cagoule", nous a laissé, entre autres, La guirlande de Julie (1875), Caprices d'un bibliophile (1878), Le bric à brac de l'amour (1879), L'éventail (1892), Les Moeurs secrètes du XVIIIe siècle (1883), Nos amis les livres, causeries sur la littérature curieuse et la librairie (1886), Les Zigzags d'un curieux. Causerie sur l'art des livres et la littérature d'art (1888), Bouquinistes et bouquineurs. Physiologie des quais de Paris du Pont royal au pont Sully (1893), L'art dans la décoration extérieure des livres (1898), La Locomotion à travers l'histoire et les moeurs (1910). 

    Bibliophile de grande réputation, Uzanne dirige, à partir de 1890, Le Livre, "Revue du monde littéraire, archives et écrits de ce temps". Il fut un des premiers à s'intéresser à l'oeuvre de D.A.F. de Sade, bien avant sa réhabilitation par Appolinaire puis par les surréalistes. Il publie, avec une préface, notes et documents inédits  Idée sur les romans par D. A. F. de Sade, Edouard Rouveyre, Paris, 1878 et traduit de l'allemand en 1901 Der Marquis de Sade und seine Zeit du Dr. Eugen Duehren.

     Mais c'est surtout dans les études sur les femmes qu'il abonde : Son Altesse la Femme (1885), "La Française du siècle" (1886), "La Femme et la mode", "Métamorphoses de la Parisienne de 1792 à 1892", "Tableau des moeurs et usages aux principales époques de notre ère républicaine" (1892), "La Femme à Paris", "Nos contemporaines", "Notes successives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions" (1894), Les Modes de Paris. Variations du goût et de l'esthétique de la femme, 1797-1897  (1898), "Études de sociologie féminine", "Parisiennes de ce temps, en leurs divers milieux, états et conditions", "Études pour servir à l'histoire des femmes, de la société, de la galanterie française, des moeurs contemporaines et de l'égoïsme masculin" (1910).

   

Coll. The Reader's Museum

 

    Même s'il reste un enfant chéri des bibliophiles, Octave Uzanne est aujourd'hui bien oublié dans les histoires de la littérature française où il ne survit peut-être plus que grâce à un envoi que lui dédia Stéphane Mallarmé et qui évoque, par le biais d'une rime rare, ce goût des belles reliures (Oeuvres complètes, La Pléiade, Gallimard, Paris, 1945, p. 155) :

    Non comme pour étinceller
    Aux immortels dos de basane
    Tard avec mon laisser-aller
    Je vous salue, Octave Uzanne.

    Guillaume Appolinaire le cite quelques fois dans ses chroniques et parle de lui comme d'une autorité. (Voir APPOLINAIRE, Oeuvres en prose complètes, tome III, coll. "La Pléiade", Gallimard, Paris, 1993, pp.14, 675, 738, 783, 790, 817).

    Un des détracteurs d'Uzane, Antoine Albalat, dans son livre Les ennemis de l'art d'écrire, Librairie Universelle, Paris, 1905, le traite d'"aimable dilettante" et trace de lui ce portait condescendant :

    "Esprit charmant, tout en dentelles et en fanfreluches, M. Uzanne a chiffoné les Belles-Lettres, bibeloté l'Histoire, taquiné la Psychologie, coquetté avec la Critique. Il a fait de la jolie érudition de boudoir, de la littérature fardée et poudrée la plus galante du monde. Il a raconté l'Eventail, l'Ombrelle, les séduisants artifices de la beauté féminine, badineries agréables, dont j'apprécie tout le charme, mais peut-être insuffisantes préparations aux études sévères du style."
    

Bibliographie : SANTOS, J., "Les zigzags d’un curieux: Octave Uzanne, esthète, causeur, bibliophile fin-de-siècle", Communication au Ninetieth-Century French Studies Colloquium, University of Illinois at Urbana-Champaign, 19-22 October 2000.

 

  
O. UZANNE, L'éventail, 1892. (Collection Joslin Hall Rare Books)

 

    L'ouvrage Contes pour les bibliophiles, daté en page de titre de 1895, mais dont l'achever  d'imprimer est du 27 novembre 1894, a été tiré en 1000 exemplaires sur Vélin et en 300 exemplaires sur papier Japon. Tirage limité, qui semble s'être accompagné d'un certain goût du réservé licencieux, puisqu'une planche, probablement coquine, ne figure pas dans l'exemplaire n°496 que nous avons pu consulter à la réserve de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg. 

   Selon Philippe Brun, biographe de Robida, les deux hommes ont commencé à collaborer en 1890, lorsque Uzanne dirige la revue Le livre. Ce serait Uzanne qui aurait incité Robida à écrire avec lui et à illustrer cette série de contes consacrés à l'imprimerie et au livre, passion qui leur était commune. L'ouvrage aurait connu "un certain succès" et les deux auteurs devaient continuer à collaborer dans des publications ultérieures (Le livre moderne, L'Oeuvre et l'Image, L'Art et l'idée).

   "La fin des livres" apparaît, à première lecture, comme une pochade d'anticipation. Cette "suggestion d'avenir" offre en définitive une vision  assez judicieuse de ce que va devenir l'industrie de la culture au XXème siècle et par-là, constitue, à mes yeux, un des grands textes de la modernité.

Edison et le champagne comme sources d'inspiration

    On peut s'interroger sur l'opportunité d'inscrire "La fin des livres" dans notre Anthologie des premiers textes sur la télévision, dans la mesure où les "héros technologiques" en sontt bien plus le phonographe d'Edison, qui commence à l'époque à faire sa percée commerciale, et dans une moindre mesure, le kinétographe, également d'Edison. Nous avons évoqué ailleurs l'intérêt, apparamment passager, d'Edison pour le téléphote, aux alentours des années 1888-1889 ainsi que le mythe littéraire et journalistique que représente le "sorcier de Menlo-Park" dès la fin des années 1870, notamment illustré, en France, par l'Eve future (1886) de Villiers de l'Isle-Adam.

    Mais pour le journaliste Octave Uzanne, Edison n'a rien de mythique. Il a eu le privilège de le rencontrer dans ses laboratoires de West Orange, le mardi 26 avril 1893. L'historien de la préhistoire du cinéma, Laurent Mannoni, a analysé en détail, dans Le grand art de la lumière et de l'ombre. Archéologie du cinéma (Nathan, 1994), le récit que Uzanne a publié à la une du Figaro, le 8 mai 1893, de sa rencontre avec l'inventeur. Voici la descriptions que Mannoni donne du kinétoscope :

    "C'est une caisse en bois (le modèle fabriqué en 1894 mesure environ 123 cm de haut ; les côtés, parfois ornementés, font de 68,5 x 45,5 cm ; le poids est d'environ 75 kg). On regarde à l'intérieur grâce à une ouverture percée sur le dessus de la boîte. Une lentille amplifie les images du film qui se déroule à grande vitesse d'une manière continue, et non par saccade, comme dans le kinetograph. La pellicule (environ 15 m de longueur contenant environ 750 clichés successifs) montée en "boucle", a un parcours compliqué sur une série de rouleaux disposés à l'intérieur de la caisse (neuf rouleaux sur le brevet de 1891, dix-huit dans le modèle définitif de 1894, sans compter les deux rouleaux dentés qui entrâinent le film).

    Uzanne semble avoir été un des premiers a pouvoir assister à une démonstration privée du kinétoscope. Par contre, il n'a probablement pas été introduit dans le studio de prise de vues. Comme le note Mannoni, il confond le kinétographe (l'appareil de prise de vue) avec le kinétoscope, meuble de visonnement sur lequel il faut se pencher pour voir, à travers une lentille de verre, les images animées.

 



Le kinestoscope d'Edison (1894)
.

 

    Uzanne nous rapporte les propos d'Edison sur l'avenir du système :

     "Grace à ce nouveau système, on verra un opéra, une comédie, une personne en même temps qu'on l'entendra, et l'on pourra désormais fixer les gestes des acteurs et les empêcher de disparaître tout à fait pour la postérité...Talma, Rachel, Sarah Bernardt, Mounnet-Sully, tous vivants".

    On ne sait trop si les exemples (un peu incongrus en ce qui concerne Talma, mort en 1826, et Rachel, morte en 1858) sont vraiment d'Edison ou si ils relèvent de la fantaisie de Uzanne. Il n'est pas trop étonnant de retouver Sarah Bernardt et Mounnet-Sully dans "La fin des livres". Quant à l'hypothèse de "voir une personne en même temps qu'on l'entendra", il n'est pas trop clair si cela fait également référence à la vision à distance qui avait intéressé Edison en 1888-1889. Lorsque le narrateur de "La fin des livres" présente le kinétographe, il en imagine immédiatement une utilisation domestique, y compris, comme c'était déjà possible avec le téléphonoscope du Vingtième siècle, la réception à domicile d'actualités quotidiennes.

    Le 9 mai 1893, soit le lendemain de la parution de l'article de Uzanne dans Le Figaro, Edison fait la première démonstration publique du kinétoscope. Il faudra cependant attendre le 6 avril 1894 pour que les premières installations commerciales se fassent, 1155 Broadway, New York, chez les frères Holland.

Différents cylindres de cire Edison : de gauche à droite : 1899 (5 pouces de diamètre), 1901 et 1905.
(Collection : tinfoil.com)

 

    L'évocation dans "La fin des livres" du phonographe est moins inédite, puisque la mise au point du phonographe remonte à 1877 et que sa véritable popularisation remonte à la fin des années 1880. Les dessins de Robida représentant les auditeurs armés de fils d'écoute ne peuvent manquer d'évoquer une photo  d'Edison, lui-même muni d'écouteurs.

Edison aux écouteurs (v. 1888 ?)

    Les développements du phonographe imaginés par Uzanne et Robida rappellent (et citent explicitement) ceux du théâtrophone, mis au point par Clément Ader dès 1881, et qui constitue le premier exemple d'une application de loisir des télécommunications électriques, dessinant ainsi les usages qui seront bientôt ceux de la radio et de la télévision. Le théâtrophone était une diffusion de concerts en direct par le téléphone. Notons par contre que, alors que "La fin des livres" est exactement contemporaine des premières expériences de Marconi  sur la radiodiffusion, les dessins de Robida sont encore basés sur un concept de distribution par fil, comme le théâtrophone. La connexion phonographe/téléphone imaginée dans "La fin des livres" deviendra effective à la fin du siècle. Le conte est encore plus visionnaire lorsqu'il imagine la possibilité d'un phonographe portable jusqu'au sommet des cîmes, hypothèse qui ne deviendra réalité que dans les années 1960 grâce au "mange-disque", mais surtout dans les années 1980 grâce au balladeur (walkman).

Une version américaine du récit, moins licencieuse.

    Avant de paraître dans Les contes pour les bibliophiles, le récit  était déjà paru en anglais, sous le titre "The End of Books", enaoût 1894, dans le magazine américain Scribner's  Magzine (Vol.16, 1894), avec d'autres dessins de Robida. Le conte est signé du seul Octave Uzanne et "illustrated by Albert Robida", ce qui laisse penser que Uzanne est bien l'auteur, comme le rôle de narrateur ayant rendu visite à Edison le suggère. Cependant Les contes pour les bibliophiles sont bien co-signés par Uzanne et Robida. On peut imaginer que la genèse du récit n'est pas très différente de ce que le récit lui-même narre : un débat entre hommes éclairés, égayés par un champagne qui émoustille l'imagination. Uzanne connaissait selon toute vraissemblance Le Vingtième siècle (1882) et La Vie électrique (1890) de Robida. Par ailleurs, informé par son ami, Robida a  actualisé sa thématique en fonction des développements techologiques les plus récents, mais sa fantaisie (tant sociologique que graphique) reste égale à elle-même. 

 

"The Romance of the Future" (with kinetoscopic illustrations), 
dessin d'Albert Robida pour "The End of Books", Scribner's Magazine, 1894.

   

    Il est intéressant de comparer les dessins de "The End of Books" et de "La fin des livres". Pour le magazine américain, Robida a recours à un graphisme plus sobre, plus classique. Pour l'ouvrage, au public français réservé, sa plume se délie, se fait plus satirique, mais aussi plus licencieuse, en particulier dans le premier et le dernier dessins. 

    On notera par ailleurs que dans la version américaine, l'écran du kinétoscope n'a rien à voir avec la boîte à lentille d'Edison, mais s'inscrit dans une continuité directe avec l'ovale de l'écran du téléphonoscope tel que représenté dans Le Vingtième siècle, en 1882, probablement par analogie avec la projection de la lanterne magique. L'écran rectangulaire, déjà présent dans le célèbre dessin de George du Maurier en 1878 sur le téléphonoscope d'Edison et, exceptionnellement, dans l'un des dessins du Vingtième siècle, ne se fera connaître, dans la réalité, que le 22 mars 1895, avec le "kintetoscope de projection" des frères Lumière.

Un crime de lèse-bibliophilie ?

    Phénomène intéressant, c'est à Internet que l'on doit la redécouverte de "La fin des livres". Divers chercheurs anglo-saxons ont vu dans ce texte une vision de l'évolution de l'édition (Priscilla Coit Murphy, "Books Are Dead, Long Live Books" University of North Carolina at Chapel Hill),  du balladeur (walkman), soit du livre numérique (Dr. Beverly Harrison, "E-Books and the Future of Reading", IEEE Computer Graphics", May/June 2000).  

    Trois versions de "The End of Books" sont disponibles sur Internet : 

  - version de Dave Price,  Head of Systems and Deputy Keeper of Scientific Books,
Bodleian Library, Oxford ;

  - version de l'Université de Kent ;

  - enfin, le numéro de Scribner's a été reproduit dans la collection de ce magazine réedité par Cornell University dans le cadre de son programme Making of America (MOA), qui fournit un accès extraordinaire aux principales revues américaines du 19ème siècle. Cette version est la plus nette.

   Une version électronique de "La fin des livres" a été publiée dans la bibliothèque électronique "Hidden-Knowledge" par un chercheur américain, Michael Ward. Cette version est très méritoire, mais Michael Ward s'est un peu trop fié à son logiciel d'OCR et sa version comporte quelques coquilles. Elle adopte également la typographie de ponctuaction anglo-saxonne, ce qui est assez désagréable pour un lecteur francophone. Il nous paraissait donc souhaitable d'en donner une nouvelle version.

   Notre version est basée sur l'exemplaire de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, que je remercie pour sa collaboration. J'espère que cette publication ne trahit pas trop l'oeuvre. Il est en particulier très difficile de restituer en pages html  la sophistication de la mise en page d'origine, où textes et dessins s'entrelacent avec brio, comme ont dû le faire les imaginations complémentaires de Uzanne et de Robida. En matière d'édition électronique, nous n'en sommes encore qu'à l'âge des incunables, et je ne suis moi-même qu'un modeste apprenti autodidacte.

    On peut  se demander si la publication en ligne de ce récit n'est pas un crime de lèse-bibliophilie, puisque l'on met fin, en quelque sorte, à l'accès réservé que les auteurs semblaient avoir souhaité pour leur oeuvre, en tout cas dans la version française. La bibliophilie pour le plaisir réservé des bibliophiles était certainement une des formes de réaction à l'industrialisation de la littérature que  Baudelaire avait  dénoncé trente ans plus tôt.  En 1895, nous sommes à l'apogée de ce que Pierre Bourdieu, dans ses analyses classiques, appelera  le "champ  restreint de production", où les écrivains n'écrivent plus que pour leur pairs, pour mieux se garder de la trivialisation de leur art qu'induit l'édition commerciale. Le goût des éditions rares et soignées participe de ce mouvement.

    "La fin des livres" évoque ce phénomène, comme il évoque, quarante ans avant la rédaction de "L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée" de Walter Benjamin,  la crise esthétique profonde que suscite pour la création picturale l'émergence de la photographie. On y trouve tout aussi bien un appel dadaiste à la destruction des musées qu'une proposition digne de Hayek ou de Milton Friedman sur l'avantage de supprimer le soutien public aux arts.

    Publié en 1894, "The End of Books" est l'exact contemporain de la conférence "La Musique et les Lettres" que Stéphane Mallarmé prononce à Oxford et où s'exprime le malaise de la littérature à l'époque de son industrialisation : "Strictement, j'envisage, écartés, vos folios d'études, rubriques, parchemins, la lecture comme une pratique désespérée". Mallarmé évoque également dans cette intervention "les voies ferrées et plusieurs inventions formant notre matériel".

    La même année, Mallarmé à Cambridge, Uzanne et Robida dans la "Fin des livres",  se tracassaient des conséquences des technologies de reproduction sur le droit de propriété intellectuelle. La Conférence de Berne, qui se tiendra en 1886, et qui débouchera sur la première convention internationale en matière de propriété littéraire et artistique, est en préparation. Faut-il le dire, la question des droits de repoduction ne cesse aujourd'hui d'être d'actualité. La Bibliothèque électronique de Lisieux s'est fait rappeler à l'ordre par une société de gestion droits d'auteurs et, le 5 juillet 2000, a retiré de son site Du Mariage par un philosophe du XVIIIe siècle (1877) d'Octave Uzanne, mort en 1931 et dont les droits, en application des articles L 123-1 nouveau, 123-8, 123-9 et 123-10 du Code de la propriété intellectuelle,  devraient, si nous comptons bien, être réservé jusqu'en 2017 ([(70 ans + 1 an = art. L123-1) + (6 ans + xxx jours = art. L123-8) + (8 ans + xxx jours = art. L123-9)]. Le paradoxe est ainsi que quatre versions de "La fin des livres" / "The End of Books" sont accessibles sur des sites anglophones, mais que, en France, faute de réédition par un éditeur commercial, qui prendrait en charge la rémunération des droits, l'accès à ce récit, qui nous paraît être un des textes importants de la modernité, est réservé aux privilégiés ayant accès aux réserves précieuses des bibliothèques publiques ou aux cabinets privés des bibliophiles privilégiés. Une édition originale des Contes pour les bibliophiles est aujourd'hui, 31 décembre 2000, cotée à 5 000 FRF. Ah ! "immortels dos de basane" !

    En raison des contraintes juridiques françaises, il ne m'est pas possible de publier le texte de Uzanne et Robida sur le site Histoire de la télévision, où il aurait mérité de figurer. Je ne puis qu'en réserver l'accès à mon cercle d'amis, ce que je fais, en cette dernière journée du Vingtième siècle, en en composant une version html non publique, que je fais circuler, rare plaisir d'internetophile, "sous le manteau" et en en gravant - hommage se doit - une lecture sur CD-Audio réservée à mon "cercle de famille".

    Puisque vous faite partie de ce cercle d'amis, il vous reste à découvrir cette oeuvre pleine de fantaisie et, qui, par bien des aspects, est une des anticipations les plus exactes de ce qu'allait devenir le siècle défunt.

 

André Lange
Strasbourg, 31 décembre 2000.

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Histoire de la télévision       © A. Lange

Dernière mise à jour : 04 janvier 2002