The Mystery of Leaping Fish (1916) de J. Emerson et D.W. Griffith


Notice : Hollywood découvre la télévision (1916-1939) - 
D.W. Griffith et C.F. Jenkins


The Mystery of Leaping Fish (Le mystère des poissons volants) est devenu un film culte, pour son caractère atypique, et, en particulier pour la manière burlesque dont il traite du problème de la cocaïne. Le film a été produit par la Triangle, la société de D.W. Griffith, la même année que Intolerance. D.W. Griffith en a supervisé le scénario, dont il est généralement admis qu’il a été écrit par Tod Browning. Une première version a été réalisée par William Christy Cabanné, qui ne donna pas satisfaction. John Emerson refit l’ensemble du film, avec l’assistance de Tod Browning et celle d’Anita Loos qui écrivit les didascalies.

    Le film, qui s’apparente plus par son côté burlesque aux films de Mack Sennett qu’à ceux, souvent tragiques, de Griffith, présente une des aventures du détective Coke Ennyday (interprété par Dauglas Fairbanks alors au tout début de sa carrière), personnage parodique de Scherlock Holmes, dont les journées sont rythmées par quatre activités : " Sleep, Eat, Drink, Dope ". Coke Ennyday est chargé d’enquêter par le directeur des services secrets Keenes sur la vie d’un milliardaire. Au bord d’une plage il fait la connaissance de Little Fish Blower, la loueuse de bouée en forme poissons volants.

    Tout au début du film, nous voyons Coke Ennyday dans son bureau en pleine activité de consommation de cocaïne. Lorsque le directeur des services secrets se fait annoncer, sa carte de visite est transmise par un squelette. Coke l’examine au microscope puis allume et connecte un mystérieux appareil - composé d’un tableau de bord semblable à celui des récepteurs de TSF et d’un écran caché par de petits volets - qui lui permet d’identifier le visiteur qui attend derrière la porte. Il s’agit bien là d’une préfiguration de la télévision, ou, plus exactement, de la caméra de télésurveillance. Le thème de la télévision utilisée à des fins de surveillance n’est pas nouveau, puisqu’on le trouve déjà - à propos du téléphonoscope, dans le roman Le XXème siècle (1882) d’Albert Robida et on le retrouvera dans Metropolis.

 

 

Le chef des services secrets J.M. Keene
se présente chez Coke Ennyday.

Celui-ci, dans son bureau, est en train de cuver la cocaïne que vient de lui injecter
son domestique.

Coke Ennyday est un homme méfiant...

...mais bien équipé : il allume son
récepteur de télévision...

...les volets du récepteur s'ouvrent
sur un écran noir...

...et rapidement apparaît le débonnaire chef J.M. Keene.

Photogrammes : A. Lange

 

Histoire de la télévision       © A. Lange

Dernière mise à jour : 06 janvier 2002