La contribution d'Adriano de Paiva (1847-1907) 
à l'histoire de la télévision : 
l'hypothèse du recours au sélénium 
  

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Portrait d'Adriano de Paiva (Faculdade de Ciencias da Universidade de Porto - Photo aimablement communiquée par le Professeur Manuel Vaz Guedes)

   Le Professeur portugais Adriano de Paiva est une  figure importante, mais souvent méconnue de l'histoire technique de la télévision (1). Son apport a été reconnu par les principaux chercheurs de la fin du XIXème siècle, mais par la suite n'a plus été qu'épisodiquement cité par des scientifiques, des professionnels ou des journalistes portugais (2) avant d'être redécouvert par la petite communauté des historiens de la préhistoire de la télévision, en particulier à partir de 1967 lorsque Walter Bruch, inventeur allemand du système PAL, lui rendit un hommage public.(3)

losangebleu.gif (198 octets)Biographie

    Adriano de Paiva de Faria Leite Brandão est né à Braga en 1847 et est mort en 1907. Il a fait ses études à l'Université de Coimbra où il a obtenu le titre de Bachelier par la Faculté de Mathématiques et le titre de Docteur en Philosophie en 1868, avec une thèse intitulée Geologia. Apreciação das Causas Actuais.
    Il est nommé en 1872 professeur à l'Académie Polytechnique de Porto, à la 9ème chaire (Chimie). Il obtient ensuite la chaire de physique, où il suit un programme de caractère général et publie un traité sur les principes fondamentaux de la thermodynamique. Durant l'année 1877-78, il dirige  la chaire de physique théorique et expérimentale, qui réunissait divers cours administrés par l'Académie Polytechnique de Porto. C'est durant cette période qu'il s'intéresse à la téléscopie électrique.(3)

    En 1881, il est nommé correspondant de l'Académie des Sciences de Lisbonne. Il fut membre associé de l'Institut de Coimbra, membre fondateur de la Sociedade de Instrução de Porto, membre fondateur et perpétuel de la Société des Electriciens de Paris et fut président de la section portugaise de cette Société.

     Le roi D Luis I créa en sa faveur le titre de Conde de Campo Belo et le fit Pair du Royaume. Adriano de Paiva est décédé en 1907 dans son palais de Vila Nova de Gaia.

losangebleu.gif (198 octets) La téléscopie électrique

     L'intérêt de de Paiva pour la téléscopie électrique commence avec la nouvelle de la première démonstration du téléphone de Graham Bell à Lisbonne, en novembre 1877. De Paiva s'interroge sur les possibilités de trouver un système équivalent à celui de Bell pour la transmission des images animées. La découverte de Bell avait été annoncée dans le journal O Século de Coimbra en décembre 1876 et avait immédiatement suscité beaucoup d'intérêt dans le pays.

     Pour de Paiva, la véritable appellation du téléphone de Bell aurait du être celle de télégraphe électrique, dans la mesure où c'est la transformation du signal en électricité qui en constitue la véritable originalité. Par analogie, de Paiva s'interroge sur la possibilité de la téléscopie électrique, c'est à dire la possibilité d'une transformation des signaux optiques en signaux électriques qui permettraient, comme pour le téléphone, une transmission par câble permettant de contourner les obstacles physiques. De Paiva reconnaît qu'il n'est pas le seul à envisager une telle possibilité et constate la convergence de ces pensées avec celles, formulées sous le nom de télectroscope par le grand vulgarisateur scientifique français de l'époque L. Figuier.(4) Le terme télescope était évidemment déjà utilisé pour désigner le télescope optique.

    L'originalité de la contribution de de Paiva consiste dans sa proposition d'utiliser le sélénium comme plaque sensible de la chambre noire du téléctroscope. Le sélénium avait été découvert en 1817 par J.J. Berzelius. Ses propriétés ont été étudiées depuis 1873 par  Willoughby Smith avec l'aide de L.May. De Paiva se réfère aux travaux menés par les frères Siemens en 1875 et 1876. De Paiva décrit ainsi les propriétés du sélénium : "Interposé dans un circuit électrique, qui passe dans un galvanomètre, il fait dévier l'aiguille d'une manière sensible, toutes les fois qu'un faisceau lumineux vient inciter sur elle, et d'ailleurs cette déviation est différente sous l'influence des radiations différemment colorées".

     On peut s'interroger sur les raisons pour lesquelles de Paiva n'a pas mené d'expériences à partir de son expérience et qu'il laisse d'emblée à d'autres le soin de les vérifier. Selon le Professeur Vaz Guedes, il est trop simple de considérer que cela provient du fait que de Paiva ne disposait pas des moyens techniques lui permettant d'expérimenter à partir de ces hypothèses. Comme professeur de Physique à l'Academia Politécnica de Porto, de Paiva avait accès au Cabinet de Physique où il pouvait mener des expériences. Son désintérêt pour l'expérimentation serait à trouver dans sa formation à Coïmbra, plus orientée vers la spéculation théorique caractéristique de la philosophie naturelle, que vers la Physique expérimentale.

     Il imagine cependant, dans une conclusion prophétique, quelles seront les conséquences pour l'humanité de l'emploi combiné du téléphone et du télectroscope :

    "Avec ces deux merveilleux instruments (le téléphone et le télectroscope), fixe sur un point, l'homme déployera à toute l'extension du globe les facultés visuelle et auditive. L'ubiquité ne sera plus une utopie, elle sera une réalité parfaite.

    Alors, partout à la surface de la terre, se croiseront des fils conducteurs, chargés d'une mission de la plus haute importance ; ils seront les conduits mystérieux qui apporteront à l'observateur les impressions subies par les organes artificiels que le génie humain aura réussi à transporter à toutes les distances. Et de même que la complexité des filaments nerveux peut donner l'idée de la perfection supérieure d'un animal, ces filaments métalliques, nerfs d'une autre espèce, attesteront sans doute le degré de civilisation du grand organisme qu'on appelle - l'humanité. -"

    Il est intéressant de constater que de Paiva identifie déjà l'ubiquité comme le thème philosophique majeur engendré par la perspective de la télévision. Senlecq utilisera également le terme, l'anné suivante, dans l'introduction de sa brochure Le télectroscope. C'est exactement ce terme d"ubiquité" que l'on retrouvera cinquante plus tard - en 1928 - sous la plume de Paul Valéry, écrivant sur l'imminence de la télévision. Il est également intéressant de voir que le thème de l'ubiquité est devenu un des lieux communs de la cyberculture.

losangebleu.gif (198 octets) Recherches basées sur l'emploi du sélénium

    Les propositions de de Paiva semblent bien être la première formulation théorique de la possibilité d'utiliser le sélénium pour transmettre les images à distances. Une vague d'expérimentations recourant au sélénium qui va perdurer pendant vingt ans. Selon le Professeur Vaz Guedes, il ne faut cependant pas surestimer l'influence des publications de de Paiva. L'intérêt pour le sélénium a probablement été plus stimulé par la présentation que Graham Bell fit le 17 mai 1878 à Londres de ses expériences avec le sélénium pour la mise au point du photophone.(5)

    En novembre 1878, c'est à dire deux mois à peine après la parution de la lettre de de Paiva dans La nature, un chercheur français, Constantin Senlecq proposait une autre forme de télectroscope, qui s'apparentait plus au facsimile qu'à la télévision.(6).  Le 7 février 1879, un anglais nommé Denis Redmond décrit dans une lettre à English Mechanic ses expériences pour transmettre des images par le biais de l'électricité. Il prétend avoir utilisé un certain nombre de circuits, contenant chacun du sélénium à une extrémité et du platinium à l'autre, et d'avoir réellement transmis des images d'objets lumineux très simples. L'utilisation d'un seul circuit avait échoué en raison de la lenteur du sélénium et du temps nécessaire pour retrouver sa résistivité. (7) Un chercheur italien, C.M. Perosino, fera également des expériences sur les possibilités d'utiliser le sélénium et de Paiva a connaissance de ses travaux (8).

   

losangebleu.gif (198 octets) Une revendication de primauté d'idée

    La publication de la brochure La téléscopie électrique basée sur l'emploi du sélénium en 1880, avec traduction en français et en anglais doit être avant tout interprétée comme une revendication par de Paiva de la primauté de l'idée originale qui est à la base de ces travaux. Les premières lignes de l'avant-propos sont très claires à ce sujet :

    "Cette petite brochure est destinée à informer l'opinion publique, à fin qu'elle puisse se prononcer plus sûrement, et comme juge impartial, sur une question de priorité scientifique.

    Ce que l'on prétend d'abord par ce moyen, c'est de rendre connu à un plus grand nombre de lecteurs le contenu de deux petits articles, parus, al première fois, dans une revue portugaise se sciences, l"Instituto" de Coimbre, et que l'on fait imprimer aujourd'hui accompagnés de leur traduction française".

losangebleu.gif (198 octets) Citations et influence de la brochure

    Le Comte du Moncel, Membre de l'Institut, a publié une recension de la brochure de de Paiva dans la revue La Lumière électrique, 1er octobre 1880, qui provoqua une lettre de réaction de Senlecq, publiée par la même revue le 1er novembre. Voir également sa citation dans l'article "La téléphotographie" consacré au télectroscope de Senlecq (La lumière électrique, 19 mars 1881). 

    Une recension, plutôt sévère, sera publiée dans The Telegraphic Journal, 15 January 1881, reprochant à de Paiva, non sans raisons, ne n'avoir rien démontré !

    Le nom de de Paiva est cité, mais sans que lui soit reconnue la priorité de l'idée, dans l'article  de C. Colin sur "Le télephote" du Magasin pittoresque de 1889, à l'article "télé-photographie" du Dictionnaire universel du XIXème siècle (1890) de Pierre Larousse ou encore dans un article de la Revue générale des sciences, en 1890 (10).

    De Paiva est également cité par Raphael Eduard Liesegang dans son ouvrage Beiträge zum Problemen des elektrischen Fernsehens, Ed. Liesegang's Verlag, Düsseldorf, 1881, p. 90.

   Il n'est pas cité dans l'article "Télescopie" du Grand dictionnaire universel du XIXème siècle de Pierre Larousse (4ème supplément, vers 1890), mais le concept de "télescopie électrique" qu'il a forgé est toujours-là, bien qu'il commence à être concurrencé par "vision à distance", avant que la notion de "télévision", apparue en 1900,  ne l'emporte au début du 20ème siècle. 

    Comme l'a montré le Prof. Vaz Guedes  les travaux publiés en 1880-1881 par d'autres chercheurs portugais (F. da Fonseca Benevides, Virgílio Machado) sur les applications du sélénium ne citent pas la contribution de de Paiva. Il faudra attendre la publication en 1907 d'un article du Prof. A Sousa Pinto pour que soit établie la reconnaissance de la priorité d'idée d'Adriano de Paiva.(11)

     En publiant sa brochure, d'une certaine manière, de Paiva fait déjà acte d'historien : avec ses annexes, et en particulier la reproduction d'articles de presse, elle nous fournit le premier dossier permettant de reconstituer la chronologie des balbutiements de la recherche sur la télévision. En reproduisant l'intégralité de cette "petite brochure", nous pensons rendre accessible à une opinion publique bien élargie, cette contribution bien oubliée.

   Dans la littérature internationale, la contribution de De Paiva est citée régulièrement jusque dans les années 20, notamment dans l'ouvrage du hongrois Dionys von Mihály, Das elektrische Fernsehen und das Telehor, Von M. Krayn, Berlin, 1922. Mihály propose même un schéma de la cellule au sélénium de De Paiva, tout en soulignant sa naiveté et l'évidence de l'absence d'expérimentation avec le sélénium.

Le sélénium restera au centre des expérimentations de la plupart des chercheurs travaillant sur la mise au point de la télévision et Baird l'utilisera dans ses premières démonstrations de télévision mécanique (1926). En 1926, Louis Lumière évoquera également la possibilité de recourir au sélénium pour trouver une solution au problème du son au cinéma.

Au début du XXème siècle les travaux de Korn et de Bidwell sur la télé-photographie mettront en évidence les faibles capacités du sélénium pour permettre la transmission d'images animées. L'hypothèse de recourir au sélénium s'estompe définitivement à partir de 1911, date à laquelle le russe Boris Rosing utilise un tube de verre comprenant de l'hydrogène raréfié ou hélium, du sodium, du potassium, du cesium ou un amalgame appelé rubidium. Rosing ouvrit ainsi la voie aux travaux de son élève Zworykin. (9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



(1) Les publications d'Adriano de Paiva sur la télescopie électrique sont les suivantes :

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"A telefonia, a telegrafia e a telescopia" in O Instituto - revista científica e literária,   XXV ano, Segunda Serie, Julho de 1877 a Junho de 1878, nº 9, pp. 414-421, Coimbra, Imprensa da Universidade, Março de 1878. ( > VAZ GUEDES, M., "A Ideia do Prof. Adriano de Paiva",   Porto, setembro 1998. ( > Site de la Faculdade de Engenharia da Universade de Porto)

Une reproduction de cet article dans O Commércio Portuguez, Porto, 27 avril 1878, dans la section "Folhetim" (feuilleton).

Une lettre, datée du 12 août 1879, dans la rubrique "Boîte aux lettres" de La nature, Paris, 23 août 1879.

Une notice dans le Commercio do Porto, 7 octobre 1879. Cette note fait suite à la publication dans le même journal  le 4 octobre 1879, d'un article sur le télectroscope basé sur l'emploi du sélénium, qui faisait écho aux propositions de Senlecq, en se basant sur des informations de journaux étrangers, et sans  citer l'apport de de Paiva ni même le nom de Senlecq. Dans cette notice, de Paiva revendique la primauté de son idée.

 

"A telescopia electrica", in O Instituto. Revista scientifica e litteraria, Volume XXVII - Outubro de 1879. Cet article retranscrit la lettre adressée à La nature, ainsi que la réponse publiée par la revue française à cette lettre "L'idée que vous développez dans votre lettre est originale et hardie. La solution que vous rêvez serait brillante, mais nous ne croyons pas qu'il existe de livres pour vous guider. L'innovateur se guide lui-même".

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La brochure La téléscopie électrique basée sur l'emploi du sélénium, édition à compte d'auteur dans la typographie de Antonio José Da Silva, Porto, 1880, 48 pages. Cette brochure reprend, en portugais et en français, la retranscription des articles "A telefonia, a telegrafia e a telescopia" et "A telescopia electrica", des extraits de divers journaux et recueils scientifiques sur le télectroscope et le téléphotographe et une traduction en anglais de l'article "A telefonia, a telegrafia e a telescopia", réalisée par un étudiant anglais de l'Académie de Porto, William Macdonald Smith.

      Cette brochure est reproduite intégralement  sur ce site. Nous avons retrouvé un exemplaire de la brochure La téléscopie électrique... chez l'"alfarabiste" (bouquiniste) Chaminé da Mota, Rua das Flores, à Porto, en juillet 1999. Nous avons pu constater que l'existence de cette brochure était inconnue de la plupart des alfarabistes de Lisbonne et de Porto que nous avons interrogé. La brochure est accessible à la Biblioteca Nacional de Lisbonne ainsi qu'à la bibliothèque du Departamento de Fisica,  Faculdade de Ciências da Universidade de Porto et à la B.N.F.

    On notera que de la brochure La téléscopie électrique introduit deux confusions sur la datation. La reproduction de l'article "A telefonia, a telegrafia e a telescopia" et sa traduction franaise mentionnent,  bien la date de publication originale dans O Instituto de mars 1878, mais en fin d'article apparaît la date du 20 février 1877. Il s'agit visiblement d'une erreur, puisque l'article s'ouvre par une évocation de la présentation du téléphone de Bell à la Cour de D. Luis qui date, comme le note l'auteur lui-même, de décembre 1877. Du reste la traduction anglaise de W.M. Smith porte bien la mention du 20 février 1878. Par ailleurs, l'article "A telescopia electrica" s'ouvre par une référence à la publication du ptremier par O Instituto en date du 20 février 1878. De Paiva a probablement confondu la date de finition de l'article avec celle de la parution de la revue.

(2) La mémoire de Adriano de Paiva a été entretenue de manière régulière au Portugal, dans les publications suivantes :

DE SOUSA, A., "O Professor Adriano de Paiva  e a Telescopia", 1883.

SOUSA PINTO, A., "A Visão à Distância e a Transmissão Rapida da Fotografia", Anais Cientificos da Academia Politécnica do Porto, v.II, p. 166-173, 1907.

Articles dans O Comercio do Porto, 1879, 1915, 1926, 1933, 1934.

LEMOS, S., articles dans Atorno, Dezembro de 1948 et O Primeiro de Janeiro, Março de 1956.

LOPES DA SILVA, M.J. e HOGAN TEVES, V., Vamos Falar de Televisão, Verbo, Lisboa, 1971.

CABRAL, P., article dans O diario de Noticias, 1.2.1979

LOPES DA SILVA, M.J., Article dans l'Espresso, 5.5.1979.

LOPES DA SILVA, M.J., "Carta ao director", Tempo, Novembro de 1981.

VARELLA, M., Portugal nas Origens Históricas da Televisão. Noticia sobre Adriano de Paiva autor dos primeiros ensaios escritos da transmissão de imagens à distância em 1877, Lisboa, 1981.

CADIMA, F.R., Salazar, Caetano e a Televisão Portuguesa, Ed. Presença, Lisboa, 1996.

HOGAN TEVES, V., Historia da Televisão em Portugal, 1°volume, 1955/1979, TV Guia Editoria, Lisboa, 1998.

VAZ GUEDES, M., "Aplicação do Selénio na Telescopia Eléctrica: a ideia do Prof. Adriano de Paiva", feuille A4 du DEEC - Departamento de Engenharia Electrotécnica e de Computadores de FEUP - Faculdade de Egenheria da Universidade do Porto, Setembro 1998.

VAZ GUEDES, M., "Telescopia Eléctrica com Aplicação do Selénio:a prioridade da ideia", in Electricidade, n°363, pp. 47-53, Fevereiro de 1999.

VAZ GUEDES, M., "A Ideia do Prof. Adriano de Paiva",   Porto, setembro 1998. ( > Site de la Faculdade de Engenharia da Universade de Porto).

VAZ GUEDES, M. "A Prioridade de uma Ideia: a telescopia eléctrica", Boletim Amigos de Gaia, 7° Vol., n°47, pp.30-34, Junho de 1999.

Notre note se base essentiellement sur les informations fournies par l'ouvragedeV. HOGAN TEVES et sur les publications du Professeur Vaz Guedes.

Il existe une rue Adriano de Paiva à Porto.

(3)  La redécouverte internationale de l'apport de de Paiva commence avec une déclaration de l'inventeur allemand du système PAL, Walter Bruch, lors d'une conférence à l'Université de Lisbonne en 1967. Voir Diário de Manhá, 6 Junho de 1967. Elle sera par la suite régulièrement citée dans les ouvrages classiques d'histoire de la télévision :

SHIERS, G., "Historical Notes on Television before 1900", Journal of the Society of Motion Picture and Television Engineers, 86, March 1977.

GOEBEL, G., "From the history of Television - The First Fifty Years", Bosch Technische Berichte 6, n°5-6, 25 May 1979.

GOEBEL, G., "Adriano de Paiva und das Fernsehen" in Archiv für das Post- und Fernmeldewesen, 39, 1987, 4, S. 384-392.

Albert Abramson dans son History of Television, 1880-1941, McFarland, Jefferson, 1985,  p.274 indique qu'il n'a pu accéder aux textes de De Paiva et se réfère aux deux sources précédentes. Ceci est assez remarquable dans la mesure où Abramson est un des rares historiens de la télévision à avoir consulté les documents originaux, brevets, etc.

De Paiva apparaît en tête du tableau 1.1. "Dates (and names of inventors) of some distant vision proposals for the period 1878-1924", de BURNS, R.W., Television. An international history of the formative years, IEE, London, 1998, p.4. 

Il est également cité dans URVALOV, V.A., Essays on the history of television, Ed. and furn. with preface by I.A. Rosselevitch, Nauka, Moscow, 1990. (en russe - in Russian).

(4) FIGUIER, L., L'année scientifique et industrielle, 21ème année (1877), Paris, 1878, page 80. Figuier est un vulgarisateur plus qu'un inventeur. C'est une figure bien connue pour les historiens des sciences et de la littérature de la seconde moitié du XIXème siècle. Jules Verne, Robida, Emile Zola,... comptent parmi ses lecteurs. Il ne semble pas avoir maintenu son intérêt initial pour le télectroscope. Dans l'important chapitre sur le développement des télécommunications dans son "Supplément" à Les merveilles de la science. Descriptions des inventions scientifiques depuis 1870, Librairie Furne, Paris, s.d. (vers 1886) on ne trouve aucune mention du telectroscope ou de la téléscopie électrique. Cet ouvrage est accessible en ligne sur le site Gallica de la BNF, mais avec une erreur de datation évidente.

(5) Voir BIDWELL, S., "Selenium and its applications to the Photophone and Telephotography", Royal Institutions, March 11, 1811. Publié in The Royal Institution Library of Science, Physical Sciences vol.3, Applied Publishers Ltd, London, 1970.


(6) "The telectroscope", English Mechanic, 28, 31 January 1879, cité in ABRAMSON, op.cit; p.8. Voir également l'article "Télectroscope" dans Les Mondes, 16 janvier 1879 et la citation de cet article dans la revue anglaise Nature, 23 January 1879. Les deux articles reproduits dans la brochure de de Paiva, La téléscopie électrique,..pp.29-30

(7) REDMOND, D.D., "An Electric Telescope", English Mechanic, 28, 7 February 1879, cité in ABRAMSON, ibid., p.9.

(8) PEROSINO, C.M., "Su d'un telefotografo ad un solo filo", Atti della R. Acad. delle Science di Torino, 14, March 1879. Le texte est reproduit, en italien, dans la brochure de de Paiva, La téléscopie électrique,... pp.32 et suiv.

(9) Voir ABRAMSON, op.cit., p.36. Le premier article important de Zworykin est ZWORYKIN, A., "The Iconoscope - a modern version of the electric eye", Proc. IRE, vol.22, n°1, pp.16-23, January 1934 (reproduit dans Proc. IEEE, vol.85, n.8, pp.1327-1333, 1997).

(10)   COLIN, C., "Le téléphote ";, in BEST, E., Le magasin pittoresque, Cinquante-septième année, Série II - Tome Septième, Paris, 1889.

MATHIAS, E., "La transmission des images par l'électricité", Revue générale des sciences, t. I, n°24, pp.798-800, Paris, 1890.

(11) SOUSA PINTO, A., op.cit.

 

Je remercie le Professeur Manuel Vaz Guedes (Université de Porto) pour les documents et les commentaires détaillés tranmsis en vue de perfectionner cette notice. A.L. 9.11.1999 et 18.11.1999.


    Schéma de la cellule au sélénium de de Paiva proposé par  Mihály (1922)



 



 

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Histoire de la télévision   ©André Lange
Dernière mise à jour : 02 mars 2003.