LES CONTRIBUTIONS INDIRECTES 
D'ALEXANDRE GRAHAM BELL
AU DEVELOPPEMENT 
DES RECHERCHES SUR LA VISION A DISTANCE



Alexander Graham Bell

Alexander Graham Bell (1847-1922) est surtout connu pour l'invention du téléphone électrique. Ses contributions à l'histoire du développement de la vision à distance sont moins connues. Il est vrai qu'elles ne sont qu'indirectes, mais qu'elles ont très fortement stimulé l'imagination de ses contemporains.

L'invention du téléphone stimule la réflexion sur la vision à distance

   Graham Bell a déposé sa demande de brevet pour le téléphone électrique le 14 février 1876 et présenté son téléphone lors de l'Exposition de Philadelphie en 1876. L'attribution du brevet a fait l'objet de longues polémiques avec Elisha Gray, qui essaya de faire annuler le brevet par les autorités américaines. L'appareil fait l'objet de perfectionnements, proposés notamment par Thomas Edison, durant l'année 1877 et suscite l'enthousiasme des milieux scientifiques européens. Cette découverte va susciter les premières réflexions sur la vision à distance.

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Le téléphone de Graham Bell dans sa version de 1876, 
photographie de l'appareil original au Patent office de Washington. Photo extraite de H.N. CASSON, The History of telephone, 1910.

     

Louis Figuier (1819-1894), grand vulgarisateur scientifique français, consacre au téléphone ("invention vraiment merveilleuse"), un long article dans le volume 1877 de L'année scientifique et industrielle, Vingt et unième année, Librairie Hachette et C°, Paris, 1878. Mais le plus étonnant est que cet article est immédiatement suivi par un autre article intitulé "Le télectroscope, un appareil pour transmettre à distance les images", qui attribue à Graham Bell l'invention de cet appareil. On ne prête qu'aux riches ! Il n'existe aucune trace connue de contribution de Bell sur le télectroscope à cette date et l'affirmation selon laquelle "les journaux de Boston affirment que les expériences faites dans cette ville, pour produire ainsi les images à distance, ont parfaitement réussi" n'a pas, à notre connaissance, été confirmée. Figuier lui-même paraissait sceptique, puisqu'il termine son article en écrivant "...mais il faut attendre des descriptions exactes de l'appareil pour croire à cette annonce".

    Cette attribution fantaisiste n'est qu'une des illustrations du mouvement d'imagination suscité par l'annonce de l'arrivée du téléphone : si il est possible de transmettre les sons grâce à l'électricité, il devrait être également possible de transmettre des images. En Europe, les deux pionniers de la recherche sur ce sujet seront, en 1878, le Portugais Adriano de Paiva et le Français Constantin Senlecq. Tous deux reconnaîtront que c'est l'annonce de la mise au point du téléphone électrique par Bell qui a stimulé leurs travaux.

   L'impact du dépôt par Bell d'un pli cacheté au Franklin Institute

    Début mars 1880, Graham Bell et son associé Tainter déposent auprès du Franklin Institute deux boîtes scellées dont on ignore le contenu. Ce dépôt  suscite les imaginations. Dès février 1880, le Boston Transcript avait publié un article affirmant, comme Figuier deux ans plus tôt, que Bell avait mis au point un appareil permettant de voir à distance. Cette nouvelle, reprise par la prestigieuse revue Nature, le 15 avril 1880,  était fantaisiste puisque le pli concernait le photophone, c'est à dire un appareil permettant de transmettre le son en recourant à la lumière, mais non un appareil de vision à distance. 

    Cette rumeur aura néanmoins un impact intéressant pour les développements de la télévision à distance : elle va conduire à la publication, un peu précipitée, de diverses contributions qui elles sont bien relatives à l'hypothèse de la vision à distance recourant aux propriétés du sélénium : 

    - La réaction la plus prompte est celle de J.PERRY, J. et AYRTON, W.E.,  « Seeing by Electricity », Nature, 21, 21 April 1880. Dans cet article, les deux auteurs déclarent explicitement qu'ils publient cet article afin que Bell ne soit pas le seul à tirer avantage de ce qui est supposé être la définition d'un système de vision par l'électricité basé sur les propriétés du sélénium. Le conflit de brevets entre Bell et Gray sur le téléphone n'est probablement pas étranger à cette démarche. Cet article suscite lui-même la réponse de J.E.H. Gordon : "Seeing by electricity", letter, Nature, 29 April 1880,  ainsi que la publication de l'article anonyme  "Seeing by Telegraph", English Mechanic and World of Science,, 31, 30 April 1880 et de celui de H.E. Bolton, "Seeing by electricity", letter, English Mechanic and World of Science, 14 May 1880.

   - Le 5 juin 1880, faisant également suite au dépôt du pli par Bell, le Scientific American publie l'article  "Seeing by Electricity", Scientific American, 42, 5 June 1880. Cet article est le premier qui mentionne les travaux (menés depuis 1878) de Georges R. Carey et, pour la première fois aux Etats-Unis, ceux du français Constantin Senlecq. Cet article provoque lui-même la publication de SAWYER, W.E., "Seeing by Electricity", Scientific American, 42, 12 June 1880.


    - Le 1er juillet 1880, le Comte Th. du Moncel, autorité en France en matière d'électricité et de télécommunication, publie son premier article sur la vision à distance du MONCEL, Th.,  "Le Téléphote et le Diaphote", La Lumière électrique, 1er juillet 1880. L'idée de la vision à distance lui paraît devenir une hypothèse plausible "car pour qu'un homme de l'importance de Bell s'en soit occupé, il faut que l'idée soit sérieuse".

    La simple rumeur aura donc suffit à libérer les imaginations, au grand bénéfice du progrès de la science.

    On a parfois émis l'hypothèse que l'attribution du télectroscope par Figuier à Graham Bell provenait également de la confusion avec les travaux de Bell sur le photophone. Mais la spécification provisoire du photophone est datée du 2 janvier 1879 et le résultat des travaux n'ont été révélés qu'en septembre 1880. Un article de L'Illustration, 25 septembre 1880 - peut-être attribuable à Th. du Moncel - expliquant que le photophone de Bell, "comme on l'avait dit à tort un instant n'est pas un téléphote". Bell a conservé la coupure de cet article. (> The Alexander Graham Bell Papers at the Library of Congress).

Le photophone de Graham Bell et Summer Tainter démontre les potentialités du sélénium

Le malentendu est levé en septembre 1880 par une lecture que Bell fait lors d'une réunion de l'American Association et dont le contenu est publié dans Nature : BELL, A.G., "Selenium and the Photophone", Nature, 22, 23 Sept. 1880. Un article plus détaillé sera publié quelques semaines plus tard : BELL, A.G., "Production of Sound by Light", American Journal of Science, 20, October 1880. 



Schéma du photophone de Bell and Tainter (October 1880). 

L'appareil que Bell propose, le photophone, permet de produire et reproduire le son en recourant aux propriétés du sélénium et n'a rien à voir avec la transmission des images. Le principe de cet appareil est qu'un rayon lumineux projeté à distance sur une substance impressionnable à la lumière peut, étant modifié dans son intensité sous l'influence des vibrations de la voix, impressionner suffisamment cette substance (en l'occurrence le sélénium) pour que celle-ci puisse reproduire la parole avec l'aide d'un téléphone, même sans liaison par fil téléphonique. L'idée de Bell n'était pas tout à fait originale puisqu'on la trouvait déjà évoquée, il est vrai de manière très brève, dans la lettre d'un certain J.F.W., publiée dans Nature le 13 juin 1878.



Summer Tainter (Photo : Smithonian Institution)

On imagine qu'elle pouvait être l'importance stratégique et commerciale d'une telle découverte : une fois perfectionnée, elle aurait permis la constitution d'un système de téléphonie optique ne nécessitant pas la construction d'un réseau téléphonique.  Une déclaration de Bell rapportée par The Telegraphic Journal (15 November 1880) souligne cette dimension stratégique, mais incite néanmoins à la prudence quant à la possibilité d'applications immédiates :

Ce n'est donc pas sans raisons que Bell considérera jusqu'à sa mort que cette invention était supérieure à celle du téléphone électrique. 

Dès mai 1880, Bell avait confié son appareil à la National Bell Telephone Company, en vue d'une exploitation commerciale. Mais les expériences montrèrent vite les limites d'exploitation : en 1883, la limite de diffusion n'avait pas dépassé 200 mètres et ce n'est qu'en 1897 qu'un ingénieur de l'American Telegraph and telephone Company réussit une diffusion d'une portée de plusieurs miles. Mais à cette date la  découverte était cependant périmée puisque, dès 1887, Guglielmo Marconi avait fait démonstration de la possibilité de la télégraphie sans fil, en recourant aux propriétés des ondes hertziennes

.Bell et Tainter obtiennent leur brevet sur le photophone le 14 décembre 1880. (BELL, A.G. and TAINTER, S., Photophone patent 235,496 granted 14 December 1880.). Ils obtiennent le même jour deux brevets sur la préparation des cellules de sélénium. (Patents 235497 et 235590). (>S. SHOENHERR Recording Technology History).

La mise au point du photophone a provoqué la publication de nombreux commentaires aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France. Graham Bell vint en France recevoir le Prix Volta et présenta le photophone à l'Observatoire de Meudon. Un chercheur français, Mercadier, poursuivit les recherches et proposa le terme de radiophonie pour désigner la transmission des sons par le biais de la lumière.

Loin de freiner la réflexion naissante sur les possibilités d'utiliser le sélénium pour transmettre des images à distance, la description de l'appareil de Bell et Tainter va renforcer cette réflexion. L'appareil de Bell confortait l'hypothèse émise en en 1873 par Willoughby Smith selon laquelle les propriétés photosensibles du sélénium pourraient permettre des applications pratiques. Ainsi, le français Maurice Leblanc fait référence aux travaux de Bell dans son article  "Etude sur la transmission électrique des impressions lumineuses", La Lumière électrique, 1er décembre 1880. De même l'allemand Paul Nipkow fait explicitement référence aux travaux de Bell sur la lumière dans son article fondateur où il décrit les possibilités de balayer une image grâce à un disque perforé ("Der Telephotograph und das elektrische Teleskop", Elektrotechnische Zeitschrift, October 1885).

Les boîtes déposées par Bell et Tainter ont finalement été ouvertes en 1937. Elles contenaient le modèle original du photophone et le descriptif de l'appareil. Ces reliques sont à présent conservées à la Smithonian Institution (voir photo).  Un photophone original est également conservé à Paris au Conservatoire national des Arts et Métiers. 

L'appareil de Bell et Tainter occupe aujourd'hui une place quasi mythique dans l'histoire des technologies de communication, pourtant riche en appareils oubliés. En février 1995, un groupe d'étudiants de l'Université de Virginie ont déposé une demande de brevet pour une version améliorée du photophone de Bell et Tainter. Mais ce sont surtout les travaux menées  à partir de 1960 sur les rayons laser, débouchant notamment sur le lancement en 1978 du Compact Disc Audio, qui ont donné l'illustration que l'hypothèse de Bell - transmettre le son à travers la lumière - était loin d'être absurde.

Une contribution peu connue de Graham Bell sur la vision à distance en 1891

Dans son ouvrage remarquable Television. An international history of the formative years, R.W. Burns écrivait encore en 1998, à propos des rumeurs sur les travaux de Bell en matière de vision à distance : "Actually Bell never engaged in the above field of research" (p.44). 

Cette affirmation peut à présent être démentie, grâce à la publication par la Library of Congress des archives de Bell (The Alexander Graham Bell Papers at the Library of Congress). Un document atteste que Graham Bell s'est intéressé, comme les autres inventeurs de sa génération, aux possibilités "de voir par l'électricité" basée sur l'emploi du sélénium, mais il n'a formalisé sa réflexion sur cette question que relativement tardivement. Il s'agit des notes  dictées du 10 au 13 avril 1891 à Arthur W. McCurdy et publiées le 22 mars 1910 : "Editorial and Articles on the possibility of seeing by electricity"

Ces notes constituent essentiellement une réflexion théorique sur les possibilités d'utiliser les propriétés photosensibles du sélénium pour transmettre. Bien que formulées dans l'élégante clarté caractéristique du style de Bell, elles ne nous paraissent pas apporter beaucoup d'éléments nouveaux par rapport aux travaux des contemporains de Bell, travaux que celui-ci évite soigneusement de citer. On remarquera néanmoins que Bell, conscient des limites du sélénium en matière de conductivité et des difficultés pratiques de préparer cette substance, indique que le tellurium pourrait être mieux adapté.

Les notes de Bell sur la possibilité de voir par l'électricité (dictées en 1891, publiées en 1910).

    Notons également qu'en 1889, un proche de Bell, E.H. Hall Jr., vice-président de la filiale de la Bell Company consacrée aux liaisons à distance (AT&T) exprimait dans une lettre publiée par Electrical Review, l'espoir que le génie des inventeurs permettrait de voir son interlocuteur en même temps qu'in l'entendrait au téléphone.

Le théâtrophone, premier système électrique de distribution de la culture et du divertissement

    Une des premières applications développée pour le téléphone fût le théâtrophone, proposé dès 1881 par le français Clément Ader. Cette distribution de musique et de concert constitua, jusqu'à l'arrivée de la radio, la première forme de distribution électrique de culture et de divertissement. Voir nos pages "Théâtrophone".

Le scepticisme de Bell

L'article "Seeing By Electricity" paru dans Electrician and Mechanic, August 1906 signale une déclaration de Bell - dont nous n'avons pu identifier la source ni l'authenticité - témoignant du scepticisme de Bell quant à la possibilité de voir à distance par le biais de l'électricité. Il faut dire qu'à cette époque les présentations et revendications fantaisistes se multipliaient.

"Seeing by telephone or by telegraph may be within the range of the possible. I say that because nothing is impossible until it has been demonstrated so to be. Seeing by either of these instrumentalities, however, is, as I look upon it, so far removed from the field of probability that I should treat any report of this character as an absurdity."

Les voeux d'un admirateur

    Les espoirs que Graham Bell contribue à la mise au point de la vision a distance ont perdurés plus de quarante ans après l'article de Figuier.  En1915, il fallait encore qu'un de ses admirateurs, George G. Veditz, l'incite dans une lettre à mettre au point "a sort of television". (Lettre conservée à Library of Congres dans la collection Alexander Graham Bell Familly Papers at the Library of Congress).

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    Il faudra attendre 1930 pour que les laboratoires de la Bell Company jouent un rôle important dans le développements de la télévision. Mais l'illustre inventeur était mort en 1922.

Documents

FIGUIER, Louis, « Le télectroscope, ou appareil pour transmettre à distance des images », L’Année Scientifique et Industrielle, 21, n°6, 1877, pp.80-81.

BELL, A.G., "Selenium and the Photophone", Nature, 22, 23 Sept. 1880.

Article de L'Illustration, 25 septembre 1880 expliquant que le photophone de Bell, "comme on l'avait dit à tort un instant n'est pas un téléphote". (> The Alexander Graham Bell Papers at the Library of Congress)

BELL, A.G., "Production of Sound by Light", American Journal of Science, 20, October 1880, pp. 305-324.

du MONCEL, Th., "Reproduction des sons sous l'influence de la lumière. Photophone de M. Bell", La Lumière électrique, Paris, 1er octobre 1880

du MONCEL, Th., "Quelques mots encore sur le photophone", La Lumière électrique, 1er novembre 1880.

Rapport sur le photophone de Bell, Nature, 23, 4 Nov. 1880, pp. 1880.

BELL, G., "On Methods of Preparing Selenium and other Substances for Photophonic Experiments", Proceedings of the Royal Society of London, Nov. 25 1880, p.72.

BELL, G. "Das Photophon. Vortrag." Gehalten auf der XXIX. Jahresversammlung der  Amerikanischen Gesellschaft zur Forderung der Wissenschaften zu Boston im  August 1880,   Aus dem Englischen, Verlag von Quant & Handel, Leipzig, 1880.

BELL, A.G. and TAINTER, S., Photophone patent 235,496 granted 14 December 1880.

Articles sur le photophone dans les Comptes rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences en 1880 (> Site Gallica de la BNF) :

PHOTOPHONIE. - Sur les expériences photophoniques de M. Al.-Gr. Bell et de M. S. Tainter; Notes de M. Ant. Breguet.

595 et 652

- Sur les actions mécaniques de la lumière; considérations théoriques pouvant servir à interpréter les expériences réalisées par M. Gr. Bell; Note de M. Ch. Cros.

622

- M. E. Delaurier adresse une Note relative aux propriétés thermo-électriques du sélénium.

686

- Sur l'applications du photophone à l'étude des bruits qui ont lieu à la surface solaire; Note de M. Alex.-Gr. Bell.

726

- M. R. Arnoux adresse une Note relative aux expériences de photophonie de M. Gr. Bell.

736

- M. E. Delaurier adresse une "Étude critique sur le photophone de M. Gr. Bell".

776

- Sur la radiophonie; Notes de M. E. Mercadier.

929 et 982

- M. W. de Fonvielle transmet une série d'articles tendant à établir que les phénomènes acoustiques signalés par M. Gr. Bell sont dus à l'action de la chaleur.

1003

 

"Bell's photophone", Sc. Amer., 44(1), 1 January 1881, pp.1-2.

"The Photophone", Appletons' journal: a magazine of general literature, Volume 10, Issue 56, D. Appleton and Company, New York, February 1881,  pp. 181-182

BELL, A.G., "Editorial and Articles on the possibility of seeing by electricity", Notes dictées du 10 au 13 avril 1891 à Arthur W. McCurdy et publiées le 22 mars 1910 (> The Alexander Graham Bell Papers at the Library of Congress)

  Bibliographie

BRUCE, R.V., Alexander Graham Bell and the Conquest of Solitude, Little Brown, Boston, 1973.

EVENSON, A.E., The Telephone Patent Conspiracy of 1876 : The Elisha Gray-Alexander Bell Controversy and Its Many Players, McFarland and Company, Jefferson, 2001.


GROSVENOR, E.S. and WESSON, M.., Alexander Graham Bell, Harry N Abrams, 1997.

Quelques sites sur Graham Bell et l'histoire du téléphone

Alexander Graham Bell Familly Papers at the Library of Congress

Alexander Graham Bell's Path to the Telephone

Alexander Graham Bell CD-ROM homepage

H.N. CASSON, The History of telephone, 1910.

Société générale des téléphones - Un site bien illustré sur les débuts du téléphone en France.

Le téléphone ancien dans tous ses états. Site d'Alain Grout

Telephone Collectors International

Tribute to the Telephone. The past, present and future of telephone

Private Line's  Telephone History

Telecom Digest and Archives

Site sur l'histoire de l'enregistrement

S. SHOENHERR Recording Technology History (notamment : Brevets de Bell et Tainter, photos de Tainter,...)

 

 

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Histoire de la télévision      © André Lange
Dernière mise à jour : 02 mars 2003