LA PREMIERE DRAMATIQUE TELEVISEE:
The Queens' Messenger de J. Hartley Manners,
WGY, 11 septembre 1928.

Extrait de William HAWES,
American Television Drama. The Experimental Years
,
The University of Alabama Press, 1986.

(suite)


 



Dans un moment prophétique, le scénariste Robert E. Sherwood prédit l'ère du pré-enregistrement, malgré la résistance de l'industrie cinématographique:

   "Most of television broadcasting will be made from films. It will be an efficient and effective method of sending images and sound through the ether. Some of these films will be full-length photoplays, with the usual attendant short subjects - comedies, scenic pictures, news reel, etc...Broadcasting studios will cease to be scenes of worried confusion. Performers will still be brought in occasionally, to make direct appearances, and there will be announcers on hand to issue the weather reports, stock market quotations, correct time and baseball scores; but the bulk of the activity will be in the control room from which the programmes recorded on celluloid, will be projected into space." (3)

    Des expériences successives de la General Electric démontrèrent qu'il était souhaitable de placer les acteurs au centre de l'écran en raison de la mobilité limitée des caméras. Pour cette raison, les acteurs étaient confinés dans des limites pré-déterminées dans lesquelles ils devaient jouer. Pour améliorer la définition de l'image, chaque acteur jouait devant un fond blanc et devait utiliser des maquillages exagérés, en particulier autour des yeux et de la bouche.

    Bien que The Queen's Messenger ait été principalement conçu pour résoudre des problèmes techniques et que l'image produite ait été assez frustre, ce que cette diffusion suggérait en termes de développement à venir était phénoménal. Des démonstrations plus simples que celle-là, couplées avec l'imagination de scénaristes qui étaient stimulés par l'énorme potentiel de la télévision, enflammèrent l'enthousiasme du public. Le propriétaire d'une station de radio, après avoir fait la démonstration d'une image d'un pouce et demi carré, annonçait : "Dans six mois, nous pourrions avoir la télévision disponible pour le public".

    Des expositions occasionnelles étaient organisées à l'extérieur des laboratoires pour le public. En particulier, le grand magasin Bamberger et la station WOR de Newark (New Jersey) se sont associées pour présenter durant cet été 1928 un spectacle de marionnettes d'une durée de deux minutes. Les spectateurs voyaient la démonstration  dans une pièce du magasin où le signal de télévision était produit et entendaient le son par un signal séparé, fournit par la station de radio (4). De manière typique, le son et l'image étaient distribués par deux systèmes distincts. Cependant, une démonstration d'images en 50 lignes avait été réalisée par la même fréquence l'année précédente (7 avril 1927). De telles tentatives, pour rudimentaires qu'elles fussent, n'en donnèrent pas moins aux entrepreneurs du spectacle une nouveauté s'apparentant au vaudeville, qu'ils pouvaient inclure dans leurs programmes, exactement comme le cinéma avait d'abord été introduit comme une nouveauté sur les scènes des théâtres.

 

 

 

(3) Robert E. Stigwood "Beyond the Talkies - Television", Scribner's Magazine, 86, July 1929, pp.1-8.

(4) "Television Drama Shown with Music", The New York Times, 22 August 1928, p. 12.

 

Reproduit avec l'aimable autorisation du Prof. W. Hawes
Traduction : A. Lange

Dans son ouvrage History of Television, Albert Abramson, plus sensible aux aspects techniques qu'aux aspects dramaturgiques est moins enthousiaste que Hawes sur cette expérience. Se basant sur des témoignages publiés dans la presse, il indique que les images étaient petites, parfois floues et confuses, pas toujours au centre de l'écran et pénibles pour les yeux en raison des papillotements.

 

Histoire de la télévision       © A. Lange

Dernière mise à jour : 03 février 2002